14 novembre : rendez vous à 9h10 pour la première séance de grillade. L'ambulancier me dépose à 9h00 à Baclesse. Il attend avec moi. A 9h30, nous attendons encore. Il doit repartir à 10h donc il se renseigne pour savoir à quelle heure je vais passer. On lui répond dans une vingtaine de minutes. J'exprime à voix haute mon agacement (" Ca n'a pas commencé que ça me gonfle déjà" !!!) . Du coup, il s'en va et moi je file vite fait voir les infirmières de l’hôpital de jour pour signaler ma douleur dans l'avant-bras. 
A mon retour, j'attends quelques minutes puis une manipulatrice arrive, me fait entrer dans la cabine pour que je puisse me préparer et me demande de la rejoindre dans la salle. J'ôte donc mes vêtements, ça me prends 30 secondes, et je sors ... enfin, non, la porte est fermée à clé par l'extérieur, donc je frappe...(youhou, je suis là) ....pas de réponse... je refrappe....pas de réponse... peut-être qu'ils ne m'entendent pas... donc je sors par la salle d'attente et je frappe à la porte principale de salle.... pas de réponse ... J'entends du bruit.. et je comprends qu'en fait, la personne d'avant moi, n'était pas encore sortie... on m'ouvre ..."ben quoi ? vous êtes préssée ? Vous avez un bus à prendre ?" 
Je dois dire que je n'ai pas su prendre à la rigolade cette petite réflexion ... me suis emportée en lui précisant que je n'avais pas que ça, j'avais aussi une vie en dehors des traitements, la manipulatrice en a ajouté une couche " vous savez, y'a plus grave que d'être en retard", "nous, c'est notre quotidien, on n'y peut rien, on fait au mieux, je prends le temps de vous parler, ça me met encore plus en retard...mais je veux pas que vous reveniez avec cette colère en vous...." ...Je lui dis que je ne veux pas parler, que je veux commencer, les larmes ont commencé à monter, je me suis installée sur la table, ai fermé les yeux, me suis laissée faire, je n'ai plus parlé... les larmes coulées. Elle avait réussi à ouvrir les vannes. Elle continuait à parler ..." je ne sais pas si je trouve les bons mots.... on va s'occuper que de vous pour que vous puissiez combattre la maladie...." 
Ca a duré 10 minutes, peut être 15, elle est revenue ( "Vous pouvez baisser les bras, c'est terminé"), j'ai séché mes larmes et je suis partie sans un mot. En passant par l'accueil, j'ai demandé à la secrétaire le nom de cette personne. Elle a appelé pour savoir qui se trouvait en salle aujourd’hui, puisque les équipes changent tous les jours, et quand la manipulatrice a su que c 'était moi qui demandait, elle n'a pas souhaité répondre. Elle voulait que je revienne la voir. Je suis partie ... j'avais un bus à prendre...
Je la recroiserai forcément, je lui demanderai son nom de vive voix et je lui expliquerai que c'est pas de la colère qui m'envahie... mais de la peur...